Blog — Patricia Badin · Twerk Paris
Sexualisation, Sacré
et Colonisation
Qui a décidé que le Twerk était vulgaire ?
Patricia Badin — Performance Twerk
Posons une question simple. Quand une femme noire twerke, on dit qu’elle est vulgaire. Quand une femme blanche fait exactement les mêmes gestes, on dit qu’elle est libérée, audacieuse, avant-gardiste.
Ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas une question de goût. C’est une question de pouvoir.
Avant qu’on vous apprenne à avoir honte
Avant la colonisation, le mouvement des hanches dans les danses africaines n’avait rien d’obscène. Il était lié à la fertilité, au sacré, à la guérison. La sensualité n’était pas un spectacle — c’était une force spirituelle.
Ce sont des siècles d’histoire que personne ne vous a racontés.
« Dans la spiritualité africaine, la sexualité était associée à la créativité — et non à la honte. »
— Sources académiques et anthropologiques sur l’Afrique précoloniale
Et puis les missionnaires sont arrivés
Ils ont interdit les danses rituelles. Détruit les objets sacrés. Appris aux peuples africains que leur corps était honteux, leurs mouvements pécheurs, leur sensualité primitive.
Et nous, descendants de ces peuples, on a intériorisé ce regard. On s’est mis à juger nos propres danses avec les yeux de ceux qui nous avaient colonisés.
Ce qu’on appelle « vulgarité » aujourd’hui dans le Twerk, c’est souvent le regard colonial qui parle à notre place — pas notre propre culture.
Mais toutes les danses africaines ne sont pas sacrées
Il y a des danses sacrées, réservées aux initiés. Et il y a des danses vernaculaires — des danses de fête, de joie, de village, accessibles à tous.
Le Twerk, le Mapouka, le Punta : des danses de célébration communautaire. C’est le regard colonial et l’industrie du divertissement qui les ont soit criminalisées, soit hypersexualisées — selon qui les dansait.
Alors qui décide ?
Ce sont des siècles de construction du regard blanc sur le corps noir qui ont décidé à notre place ce qui est acceptable, ce qui est beau, ce qui est vulgaire.
Mon travail c’est de déconstruire tout ça. Pas pour sacraliser le Twerk à tout prix. Mais pour lui rendre sa complexité, sa profondeur, son histoire.

ce n’est pas un acte de provocation.
C’est un acte de mémoire.
— Patricia Badin
Ce Talk est disponible en format conférence, workshop ou format mixte Talk + initiation. Tous publics — associatif, culturel, universitaire, scolaire.
Je serais ravie d’échanger avec vous sur une prochaine collaboration.
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Patricia Badin enseigne le Twerk à Paris depuis plus de 10 ans. Elle donne des Talks et workshops sur l’histoire culturelle et politique du Twerk en France et en Europe.
